Cet article est réalisé en collaboration avec Edurobot et le Swiss Raspberry Pi Users Club.
Le Raspberry Pi est un ordinateur de la taille d’une carte de crédit à faible prix (25$ dans sa première version, 35$ dans la dernière). Il a été conçu dès l’origine pour le monde de l’éducation et pour permettre aux enfants de pouvoir s’initier à l’informatique (la vraie, pas à Word ou Excel!) à partir d’un petit ordinateur, bon marché, très modulable et surtout basé sur des logiciels libres.
Le Raspberry Pi est vendu nu, afin de permettre de réutiliser du matériel de récupération; faisant encore baisser les coûts. Surtout, cela laisse toute la souplesse nécessaire pour adapter le Raspberry Pi à ses besoins. Ainsi, on peut même se contenter d’un boîtier en papier! (références: ici et ici).
À noter que le Raspberry Pi a été conçu et est maintenant assemblé en Grande-Bretagne.
Alors, pour le prix de deux pizzas, que trouve-t-on?
- Processeur : ARM1176JZF-S (ARMv6) 700MHz Broadcom 28351(dispose d’un décodeur Broadcam VideoCore IV, permettant le décodage H.264 FullHD 1080P et d’un VFPv2 pour le calcul des opérations à virgule)
- RAM : 512 Mo
- 2 Sorties vidéo : Composite et HDMI
- 1 Sortie audio stéréo Jack 3 5 mm (sortie son 5.1 sur la prise HDMI)
- Unité de lecture-écriture de carte mémoire : SDHC / MMC / SDIO
- 2 Port USB 2.0
- 1 Port Ethernet 10/100
- Prise pour alimentation micro-USB (consommation : 700mA + périphériques)
- des entrées / sorties supplémentaires devraient être accessibles directement sur la carte mère via des pins 3v3 (à confirmer : GPIO, S2C, SPI)
Quel OS pour le Raspberry Pi?
Le Raspberry Pi est prévu pour fonctionner avec des distributions Linux. Un très grand nombre de distributions ont été optimisées pour cet ordinateur. À noter qu’Android ne fonctionne pas pour le moment sur le Raspberry Pi, au contraire de Firefox OS qui est annoncé compatible.
La distribution de base est la Raspian, issue d’une Debian. C’est la bonne distribution pour débuter. On peut télécharger la Raspian « wheezy » ici: http://www.raspberrypi.org/downloads
Comme le Raspberry Pi est équipé d’un processeur graphique permettant d’afficher des vidéos en FullHD, il est aisé de le transformer en media center. Des distributions sont spécialement dédiées à cet usage, en intégrant XBMC. C’est le cas de Raspbmc et d’OpenELEC.
Que me faut-il pour débuter avec un Raspberry Pi?
Pour commencer, il faut un Raspberry Pi. Logique. Idéalement, il faudra le mettre dans un boîtier pour le protéger. Un boîtier en papier ou en Lego fera l’affaire. Sinon, il y a une pléthore de boîtiers disponibles sur Internet.
Ensuite: un clavier et une souris de récupération (ceux d’Apple fonctionnent parfaitement), un écran avec une sortie HDMI ou DVI, un câble HDMI-HDMI ou HDMI-DVI selon l’écran, un câble MicroUSB pour l’alimentation et un chargeur de type iPhone (230V-USB). Un chargeur de 5W est suffisant. Enfin, il faut une carte SD d’au moins 4 Go.
Pour le WiFi, il faut un dongle WiFi. Celui d’Edimax (env. 20 CHF) fonctionne parfaitement.
Maintenant, n’allez pas croire que tout est simple. Le Raspberry Pi est destiné à ceux qui n’ont pas peur de bidouiller et de mettre les mains dans le cambouis. Il faudra passer par la ligne de commande.
Où est le disque dur?
Pas besoin de disque dur (en tous cas au début….). En effet, le Raspberry Pi est équipé d’un lecteur de carte SDHX. L’OS se trouve donc sur une carte SD d’au moins 4 Go.
À quoi va me servir un Raspberry Pi?
Honnêtement? À rien et pour tout à la fois. Clairement, il ne servira pas pour de la bureautique, et mal pour surfer sur Internet. Par contre, en allant visiter cette page, vous comprendrez que le Raspberry Pi peut être la base d’une quantité incroyable de projets.
Originellement, les créateurs de la framboise, maintenant regroupés sous la Raspberry Pi Foundation, visaient le marché de l’éducation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont réussi. Alors que l’immense majorité de nos élèves n’en ont jamais entendu parler, j’ai pu constater au Bett Show de Londres que les stands présentant des Raspberry Pi étaient pris d’assaut par des hordes d’élèves en uniformes!
Avec un Raspberry Pi, on peut multiplier le nombre de postes disponibles dans une école à faible coût. À nouveau, ils ne serviront pas à apprendre aux élèves à faire de la bureautique. Par contre, on va retrouver de nombreux logiciels éducatifs libres (TuxPaint, GCompris…), sans compter qu’il s’agit d’une excellente base pour l’apprentissage des bases de la programmation, de l’automation,… En effet, le Raspberry Pi s’interface excellemment bien avec un Arduino, décuplant les possibilités de cette autre plateforme open source. Aseba, le langage de programmation du robot pédagogique Thymio II de l’EPFL a été adapté pour le Raspberry Pi. Scratch, le petit logiciel d’initiation à la programmation et à l’animation est lui aussi parfaitement adapté cette plateforme. Et maintenant que les nouveaux Lego Mindstorms EV3, annoncés pour cet été, sont sur une base Linux, je parie qu’il faudra très peu de temps avant que quelqu’un arrive à l’interfacer sur un Raspberry.
Lorsque j’ai commencé avec mon Raspberry Pi, je me suis dépêché d’installer le navigateur Chromium (la version open source de Chrome) et LibreOffice. Puis j’ai compris mon erreur. Ces logiciels fonctionnent sur le Raspberry Pi (bien que très lentement). Mais ce n’est pas le rôle de la machine! Nous avons des ordinateurs de bureau pour cela.
J’ai donc vite transformé mon premier Raspberry Pi en Media Center: un dongle WiFi, un hub USB alimenté, un petit disque dur de 750 Go et une TV Samsung. Cette configuration fonctionne idéalement!
Mon deuxième Raspberry Pi me sert à apprendre (ou réviser) le travail en ligne de commande. J’y ai installé Berryboot, ce qui me permet de choisir sur quelle distribution je veux démarrer. Ainsi, je peux mener des tests, bidouiller, apprendre, me tromper, recommencer.
Mon troisième Raspberry Pi, j’aimerais l’installer dans une classe enfantine, je pense qu’il offrira aux élèves une excellente plateforme de logiciels libres éducatifs.
Le quatrième Raspberry Pi me servira de centrale de domotique, en particulier pour la gestion du chauffage et des vannes thermostatiques des radiateurs.
Enfin, le cinquième sera sans doute un petit serveur dans un datacenter, histoire de me faire la main sur la gestion d’un serveur web sous Linux.
En conclusion, j’ai trouvé tellement d’usages au Raspberry Pi que je vais à court terme en avoir besoin de cinq. Depuis deux mois (date d’achat de mon premier Raspberry Pi), mes compétences en Linux et ma compréhension générale du fonctionnement d’un ordinateur ont fait un bond! Et rien que pour cela, cet investissement est déjà amorti.
Comment faire pour commencer?
Premièrement, il faut un Raspberry Pi. L’association Edutic.ch, Edurobot.ch et Sruc.ch organisent une commande groupée pour les membres. La commande est ouverte jusqu’au 8 mai 2013.
Sinon, le Raspberry Pi est disponible en Suisse chez Digitec. Il s’agit de l’importateur officiel pour la Suisse; ce que je regrette. En effet, ils le vendent comme on vendrait une imprimante jet d’encre; il est perdu au fond de leur site web. Or, ce produit particulier a besoin d’une promotion particulière, d’être présenté, de montrer son potentiel; en particulier éducatif. Or, on a l’impression, dans ce cas, qu’il n’est juste présenté que comme un jouet pour geek boutonneux. Il est du reste classé dans le catalogue d’avril sous la rubrique « composants »… et sur le site web sous « Hardware PC/Cartes mères »… Navrant.
Ensuite, pour bien débuter, il existe de nombreuses ressources sur Internet, en français. Elles ont été regroupées sur le site du Swiss Raspberry Pi Users Club. Ce « club » est en fait un regroupement informel de passionnés autour d’un Wiki. Tout le monde est libre de s’y inscrire et d’y contribuer! Les tutoriels sont pour la plupart adressés à des débutants et sont donc très didactiques.
























